Les créateurs caribéens n’ont pas seulement pignon sur rue... De plus en plus, ils ont pignon sur le monde ! Les Salons comme le LABO ETHNIK FASHION WEEKEND en sont la preuve depuis des années. En Mars 2011, le site caraibcreolenews.com a parlé de la styliste-modeliste Eliette LESUPERBE comme étant «sans doute la styliste guadeloupéenne la plus en vue en ce moment». En 2008 et 2009 certaines de ses créations ont été portées par les Miss Caraïbes Hibiscus Karukera.
Aujourd’hui, sa participation au très médiatique LABO ETHNIK FASHION WEEKEND 2012 prévus les 15, 16 et 17 juin prochain prouve très certainement qu’elle poursuit sur la bonne voie.
Crazynina : Bonjour Eliette. On dit que les petites filles jouent à la poupée. Pouvons-nous dire que votre préférence était plutôt de les habiller et de leur dessiner leurs vêtements ?
Eliette Lesuperbe : Bonjour Crazynina. Absolument, j’ai toujours aimé créer depuis que je suis petite fille. Alors c’est vrai que ma préférence était d’abord de dessiner et de créer car j’ai toujours été attiré par la mode.
Crazynina : Quel est votre parcours de styliste-modéliste ?
Eliette Lesuperbe : J’ai commencé par un cursus normal au lycée de Bambridge en section mode. Ensuite, je suis partie pour Paris afin d’intégrer une École de Styliste Modéliste privée puis le Greta de la Mode à Elisé Monnier. En revenant à Paris, j’ai parachevé ma formation avec une Maitrise. Pour ce qui est de mon parcours en tant que styliste, j’ai participé à plusieurs défilés locaux. Notamment La "Style Week Jamaïca" à laquelle j’étais invitée d’honneur. Je me suis aussi fait connaitre par des salons aux côtés de coiffeurs sur Paris. En Guadeloupe, j’ai habillé des filles lors des élections Miss Guadeloupe et Miss Caraibes. Et plus récemment, j’étais à La nuit du Glam à Cayenne, d’ailleurs, Miss Caraibes Guyane,qui est aussi l'égérie du GLAM portait une de mes créations. Et maintenant, je pars pour le LABO ETHNIK FASHION WEEKEND 2012.
Ingénieuse, audacieuse ? Oui, je me reconnais dans cette description
Crazynina : Est-ce votre première participation au LABO ETHNIK FASHION WEEKEND ? Et comment avez-vous fait pour en faire partie ?
Eliette Lesuperbe : Oui c’est ma toute 1ère participation. Mon dossier a eu la chance d’être retenu. J’avais entendu parler du LABO ETHNIK FASHION WEEKEND par ALEXIS ROSSO Ambassadeur MIZANI pour L'ORÉAL. Il m’a incité à me présenter. Ce que j’ai fait. Au final, en plus d’avoir un stand, je participe au défilé du vendredi 15 Juin à 19h. J’ai crée des pièces spéciales pour l’occasion et je reprends aussi mes meilleures créations 2012.
Crazynina :
On parle du Labo Ethnik Fashion Weekend comme la passerelle des nouveaux créateurs de mode du monde entier, ingénieux, audacieux et capables de rivaliser avec les plus grandes maisons de coutures internationales. Vous reconnaissez-vous ou reconnaissez-vous votre style dans la 2nd partie cette définition ?
Eliette Lesuperbe : "Ingénieuse, Audacieuse ?" Oui je me reconnais très bien dans cette description. Je suis capable de montrer le meilleur. Rivaliser avec les grandes structures demande de gros moyens donc je préfère me dire qu’il faut que je me fasse remarquer et qu’il faut je les intéresse.
Crazynina : Quelques une des valeurs Labo Ethnik Fashion Weekend sont : Créer des passerelles entre les cultures, Soutenir le commerce équitable et Penser à la mode et à la terre de demain. A travers la couture ou de façon plus personnelle, mettez vous en pratique une ou plusieurs de ces valeurs ?
Eliette Lesuperbe : Oui je mets de ces valeurs en pratique. Par exemple, j’utilise beaucoup de matières premières naturelles. Et je m’associe à des produits culturels. J’échange avec des producteurs locaux aussi. Je m’inscris dans une dynamique que j’estime saine et équitable. Personnellement aussi ces valeurs me suivent. Du point de vue des cultures par exemple et de la terre de demain, il y a des évolutions constantes. Ca me parait important d’en tenir compte. Je crois que c’est une bonne chose de savoir ce que on capable de faire et savoir ce que les autres sont capables de faire. La passerelle est donc bien là.
Crazynina : Selon vous, la mode Caribéenne et Afro-Caribéenne a besoin de ce genre de Salon pour être reconnue en dehors de nos îles ?
Mes créations ne sont pas forcement cataloguées caraïbe. J’essaie de faire des choses qu’on peut porter tout les jours
Eliette Lesuperbe : Tout à fait ! C’est une réelle ouverture sur l’international. Nous avons de très bons créateurs ici et ce type de manifestation est important pour s’imposer. Nous remarqués lorsque nous sommes ailleurs. C’est une sorte cheminement car bien souvent, nous ne sommes pas prophète dans notre pays.
En effet, beaucoup pensent que ce qui vient d’ailleurs est plus intéressant. C’est lorsque que l’on s’exporte que l’on constate et que l’on prend conscience de ce que l’on a chez nous. Probablement car c’est dans la comparaison que l’on voit la valeur des choses. Nous manquons sûrement de soutien à l’échelle local, de manifestation ou juste de confiance...
Crazynina : Vous avez une boutique aux Abymes en Guadeloupe. Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Eliette Lesuperbe : Pour le moment, la boutique est une vitrine. Je continue de créer pour aller plus loin. Je m’intéresse à Saint-Martin aussi. J’essaie de mettre en place un défilé sur la Guadeloupe et je commence à communiquer de façon concrète et efficace : un site verra bientôt le jour.
Crazynina : Comment parlez-vous de votre style ?
Eliette Lesuperbe : J’ai beaucoup d’influences entre caraibes et métropole. Mes créations ne sont pas forcement « cataloguées » caraibe. J’essaie de faire des choses qu’on peut porter tout les jours. Ensuite pour les défilés, je fais des choses plus « coutures »... je laisse libre court à mon imagination.
Crédit photo : © Jean-Pierre VOLET