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Page 2 sur 3 « La violence faite aux femmes dans la sphère privée n’est plus un tabou » F. L : Depuis 1997, votre nom est associé à celui de l’U.F.M. (Union des Femmes de la Martinique). Plus de 10 ans que vous observez notre société, que diriez vous des rapports hommes / femmes, il – y t’il eu des améliorations significatives, ou des pistes de progrès ?
G. A. : Je ne dispose pas de suffisamment d’indicateurs pour mesurer de façon précise les améliorations, mais indubitablement quelque chose a évolué dans notre société : la violence faite aux femmes dans la sphère privée n’est plus un tabou. Les femmes sont moins dans la soumission aujourd’hui. Elles sont plus nombreuses à vouloir sortir de relations violentes, elles savent désormais qu’un autre modèle de relation existe. Dans les rapports hommes/femmes par contre, pour la répartition des tâches domestiques, il n’y a guère eu de progrès. Les femmes cumulent toujours de doubles, voir de triples journées entre leur profession et leurs tâches domestiques (s’occuper des enfants, des devoirs, du ménage, de la cuisine, etc. …) et des activités associatives….
F. L : J’ai découverts votre site Internet « www.uniondesfemmesmartinique.com >>> Démo » qui est très convivial. On y trouve l’historique de l’association, vos manifestations à venir, comme votre Assemblée Générale 2007, qui aura lieu le 02 mars prochain au SQUASH, mais rien encore sur les Manifestations du 08 mars 2008, Journée Internationale des Femmes. Pourriez – vous livrer un ou deux temps forts qui ponctueront cette journée ? G.A. : Nous avons placé cette Journée internationale des femmes sous le thème : « ÊTRE CITOYENNES D’ÉGALE A ÉGAL »C’est ça la vraie démocratie
Il s’agit pour nous d’identifier trois axes d’intervention :
- Montrer que la loi sur la parité n’existe pas :
La parité n’est pas appliquée naturellement par les partis politiques. Mais le terme parité ne veut pas dire égalité.
Nous souhaitons inviter les candidats aux prochaines élections à prendre en compte les attentes, les besoins des Femmes dans leur projet et programmes de développement : - Politique de la Petite enfance en Martinique : comment une femme peut-elle se former, aller travailler quand elle ne peut pas faire garder ses enfants à un coût correct
- Les transports : les femmes sont les plus grandes utilisatrices des transports en commun et elles ont des parcours compliqués dont ne tiennent pas compte les lignes de transport
- La sécurité : on sait que le foyer est un lieu d’insécurité pour les femmes. Aucun contrat local de sécurité ne prend en compte cette problématique afin de faire de la prévention, mais aussi pour mettre en place des logements d’urgence pour les femmes
- Le logement : les cités sont construites et nombreuses sont celles où les espaces de jeux sont des peaux de chagrin. Il existe dans le code de l’urbanisme une exigence de place de parking en fonction du nombre de logements. Par contre, il n’existe aucune exigence réglementaire pour les espaces de jeux.
Nous demandons aux femmes et aux hommes de progrès d’interpeller les candidats et candidates sur leur programme afin de savoir comment ils et elles pensent prendre en compte tous ces aspects. En réalité, l’U.F.M. propose en dehors de la démocratie représentative, une démocratie consultative et participative avec la création de Conseils de femmes donnant leur avis au cœur des instances (municipalités mais aussi conseil général, conseil régional, …) avant que les projets ne soient bouclés ou avant même leur conception. Chez les femmes nous avons aussi des personnes ayant un handicap, de tous horizons. Ce n’est qu’à ce prix que nous construirons ensemble une ville et une vie meilleure pour les hommes et pour les femmes. « Nous ne voulons pas construire un monde uniquement pour les femmes » F. L : L’an dernier, dans le cadre de la Semaine du Développement Durable, vous aviez déjà proposé un Colloque intitulé « FEMMES ET DEVELOPPEMENT DURABLE : UN ENJEU POUR DEMAIN ». Vous y défendiez l’idée selon laquelle le développement ne sera durable que si il est conçu, planifié et mis en œuvre « autrement », avec la participation active des femmes, en raison de leurs besoins spécifiques. »
Un an après cette manifestation, avec le recul, quelles sont les retombées de ce colloque ? G.A. : Vous savez, quand les gens parlent de Développement Durable, ils s’imaginent qu’il n’est question que d’Environnement, or, il s’agit d’un triptyque :
- Economique, - Social, - Environnemental. On ne peut envisager de Développement Durable sans une véritable parité Hommes / Femmes dans un système où égalité et équité seraient les maîtres mots. Tant que tous ces axes ne seront pas pris en compte, dans une politique volontariste, nous n’avancerons pas vers une réelle planification de notre société.
Nous ne voulons pas construire une société uniquement pour les femmes, nous souhaitons juste que la spécificité des femmes soit traitée de façon transversale dans tous les programmes de développement de notre région car, ce sont elles les plus discriminées. Nous avancerons ainsi vers une société d’égalité.
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