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Mardi 5 juin 2007, nous avons pris rendez-vous avec Joanne Séraline, à Ducos, au siège de l’Agence Taïno. Pourquoi ? Pour vous faire découvrir son talent. Car Joanne crée... pour la décoration. Designer, Décoratrice plasticienne, Responsable communication, formatrice... Joanne œuvre aussi pour la promotion des Arts et du Spectacle dans la Caraïbe. Mais pour vous, nous avons ouvert les portes de son univers mode. Rencontre avec l’Artiste...
Salut les filles ! Suivez-moi ! Nous sommes à l’Agence Taïno, que j’ai intégrée en 2001. Nous y travaillons pour promouvoir les artistes de la Caraïbe Que penses-tu de l’état de la mode aujourd’hui en Martinique ? Aujourd’hui, malgré une nouvelle tendance vers l’originalité, j’observe que les jeunes, par souci pratique, s ‘habillent de façon identique : les jeans et les hauts très décolletés moulants… Tout cela mérite d’être plus créatif. Ceux ayant un pouvoir d’achat différent, ont tendance à s’orienter davantage vers les créateurs. Par voie de conséquence, on a de plus en plus de créateurs qui osent faire des choses originales, qui s’expriment et qui vont vers leur public. On a une mode qui se développe et qui reflète vraiment notre identité. Comment définis-tu ton style ? On dit de lui qu’il est intemporel, je pense qu’il est multiculturel parce que je n’ai pas choisi spécifiquement de culture. Je m’intéresse à tout, sans frontières. Quel est ton couturier préféré ? Je n’en ai pas. J’ai des collections préférées en fonction des saisons. Quels conseils peux-tu donner à celui ou celle qui veut s’engager à devenir styliste ou décorateur d’intérieur ? Avant tout, il faut être sûr d’aimer ce que l’on fait, beaucoup voyager et se documenter. C’est une méthode qui marche.. Ce métier fait rêver… Mais il ne suffit pas d’avoir du talent et des idées. Il faut être endurant. Tous les jours, trouvez des idées ! même quand on en a pas… Quelles sont les difficultés majeures rencontrées le plus souvent dans ton métier ? Faire accepter la nouveauté est parfois difficile. Il faut pouvoir faire changer les mentalités … sans heurter les sensibilités. Et surtout, comme difficulté matérielle majeure : les transports. Les embouteillages sont un véritable frein à l’activité d’un créateur. [NDLR : bienvenue en Martinique !] Et il y a aussi la difficulté à trouver une main d’œuvre qualifiée et de confiance. Comment trouves-tu ta clientèle ? Par le bouche à oreille et par personnes interposées ! C’est une question de feeling … !. Dans un métier artistique comme le mien qui est lié à l’humain et à l’émotion, il y a tout un processus pour trouver l’inspiration. Je n’arrive pas à travailler avec une personne qui ne m’inspire pas. Je ne peux rien produire. Est-ce un métier lucratif ? Il est lucratif à condition de travailler pour qu’il le soit. Moi, je ne le fais pas dans ce but. C’est la raison pour laquelle j’ai plusieurs cordes à mon arc. Comment t’es-tu formée ? Petite déjà, ,j’étais douée pour le dessin et j’adorais lire (la lecture est excellente pour la création d’images dans l’intellect). Puis j’ai été formée au Studio Berçot à Paris. Et j’ai obtenu ma licence d’arts plastiques à l’Université Paris VIII. De retour en Martinique, au CIFPM, j’ai suivi une formation de formateur avec une initiation au e-learning. Mais, en tant qu’artiste, on ne finit pas de se former, on est en quête et aujourd’hui, ma quête, c’est la lumière ! Parle-nous de ton parcours professionnel ? Etant au départ styliste et plasticienne, j’essaie d’innover, de produire et de transmettre. J’ai donc fait le choix de la création et de la formation., J’enseigne les arts plastiques auprès d’organismes de formation. J’ai élargi mon champ de formation au design. J’applique le stylisme vêtement aux objets et aux espaces, c’est de la décoration… Je suis également formatrice depuis l’âge de 20 ans et j’œuvre dans la communication au sein de Taïno pour la promotion d’artistes caribéens, [ NDLR : Taïno, œuvre à la promotion de l’Art, de la Culture et du Spectacle. Tél : … 0596 775640 …contact [AT] taino-acs.com °] Quels sont tes traits de caractère ? La persévérance : quand je m’engage dans quelque chose, je vais jusqu’au bout….malgré les galères., c’est mon côté battant…, la patience, la souplesse…je m’adapte, autant que possible, à toutes les situations. Quels sont tes projets pour l’année 2007 ? En ce moment, je crée une collection d’objets déco à partir de papier, de carton, de tissus, de fil galvanisé. Je souhaite développer cette partie décoration avec la création de meubles en bois. Une ligne fonctionnelle pensée pour être pratique et esthétique. Parallèlement, je suis aussi en pleine création picturale puisque bientôt j’exposerai mes toiles. Je m’exprime aussi avec la peinture sur tissu. Mon top par ex, représente un de mes dessins qui s’inspire des mandalas. Pour le stylisme, je mûris un concept autour d’une collection prévue fin novembre. Mais pour l’instant, ce n’est qu’un projet; je veux vraiment que tout soit créé et pensé autour de cet évènement. Notre roman photo ("Ça n'arrive pas qu'aux autres") aborde le problème de la violence faite aux femmes. Quels conseils donnerais-tu à une femme battue ? Mon conseil : Ne restez pas seule ! N’hésitez pas à appeler vos amis !. Et après chacun son boulot : les policiers, les gendarmes, les psys. D’après mes lectures, l’aide psychologique peut beaucoup de choses pour les personnes battues, considérées comme traumatisées émotionnellement. |